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Bruichladdich, l’expression d’Islay

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La jeune distillerie écossaise Bruichladdich est fière de son terroir insulaire, qu’elle met en avant dans ses single malts racés mais aussi dans son gin, The Botanist.

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Un single malt de passionnés

 

Islay, le nom est évocateur pour les amateurs de single malt. Qui pensent immédiatement à des breuvages élégants et tourbés : Lagavulin, Laphroaig, Ardbeg, Caol Ila, Bowmore… Située sur la côte Ouest de l’Ecosse, cette petite île de l’archipel des Hébrides frappée par les vents et les vagues accueille pas moins de huit distilleries ! Parmi celles-ci, Bruichladdich fait figure de petite nouvelle (avec Kilchoman, créée en 2005). Si la distillerie a été fondée en 1881 par les frères Harvey qui possédaient déjà une distillerie à Glasgow, elle était tombée dans l’oubli. En 1995, son propriétaire d’alors, le groupe américain Jim Beam, décide même de fermer les installations. Bruichladdich n’avait alors jamais distillé de single malt (une “invention” récente de Glenfiddich, en 1963), uniquement du whisky pour les blends.

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Aucun ordinateur à la distillerie de Bruichladdich, où tout est encore manuel, basé sur le savoir-faire des distillateurs… Et où certains équipement de la distillerie originelle de la fin du XIXe siècle sont toujours opérationnels.

 

Un marketing efficace

Rachetée en 2001 par quatre jeunes passionnés emmenés par l’embouteilleur indépendant Murray McDavid, pour 6,5 millions de livres (dont 5 millions pour les stocks de whisky), Bruichladdich ressuscite grâce au single malt. Et, dès ses débuts, elle a anticipé les tendances que l’on voit exploser aujourd’hui dans le domaine du scotch. Pour se faire connaître la jeune marque a ainsi misé sur un marketing osé. A commencer par une bouteille turquoise opaque reconnaissable au premier coup d’œil (même si elle cache la couleur ambrée du contenant…). “On a choisi un packaging moderne parce qu’on n’avait pas d’argent à l’époque…”, explique Joanne Brown, jeune ambassadrice de la marque, de passage à Bruxelles il y a quelques semaines.

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Aujourd’hui, comme d’autres, Bruichladdich a renoncé aux mentions de l’âge du whisky (10, 15 ou 18 ans), préférant des cuvées plus conceptuelles, des “expressions” comme on dit aujourd’hui. “On n’avait pas les stocks pour mettre l’accent sur l’âge. On vient du monde du vin; le champagne non plus n’a pas de millésime…”, justifie la jeune femme. “On expérimente beaucoup. On travaille avec un grand nom du whisky, Jim McEwan, qui a 52 années d’expérience dans la distillation.” Elu plusieurs fois distillateur de l’année, il s’agit d’une légende dans le milieu… Rien d’étonnant donc de voir le nom de l’ancien de chez Bowmore apparaître sur chaque bouteille de Bruichladdich mais aussi du gin maison (cf. ci-dessous).

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Bruichladdich fut également pionnière dans un autre domaine : l’expérimentation autour des fûts pour le vieillissement du whisky. La distillerie fut, par exemple, la première à utiliser des barriques de vin (dont de très grands noms de Bordeaux). Aujourd’hui, le jeu sur les fûts est très à la mode dans le monde du single malt. Pour le meilleur comme pour le pire…

 

Un amour du terroir

Parallèlement à cette recherche de modernité, Bruichladdich a choisi de jouer à fond la carte du terroir d’Islay, notamment en gardant le nom originel de la distillerie. Imprononçable (mauvais pour le marketing), celui-ci raconte pourtant l’histoire de cette partie occidentale de l’île. Le nom est dérivé du gaélique “brudhach” et “chladdich”, signifiant le “coteau du rivage”. Enfant d’Islay, Joanne Brown est fière de représenter le premier employeur de l’île. Septante-trois personnes travaillent pour la distillerie, pourtant l’une des plus petites d’Islay… Et pour cause, de la distillation à l’embouteillage en passant par le vieillissement, tout se fait sur place.

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Le rachat, en 2012, par le géant Rémy Cointreau n’a pas changé la donne. “Rémy n’a pas d’autre marque de single malt en portefeuille; c’est un marché qu’ils ne connaissent pas. Ils nous laissent donc libres de faire ce que l’on veut”, affirme Joane Brown. Seule conséquence : une réduction drastique de la gamme, pour rendre la marque plus lisible, et du nombre de territoires où elle est distribuée (25 contre 70 auparavant), pour se recentrer sur les marchés prioritaires. Avec une capacité de 1,5 million de litres annuels, il reste un peu de marge de manœuvre (1,2 million de litres ont été distillés en 2014) mais l’idée n’est pas de décupler la production. Fermentation lente, triple distillation, aucun contrôle par ordinateur… On aime prendre son temps chez Bruichladdich, en activité seulement 5 jours et demi par semaine et non 7 jours sur 7 comme la plupart de ses concurrents.

 

De l'orge produit à Islay

Bruichladdich a été relancée dans un objectif affirmé de qualité. Ainsi, les whiskies sont sans aucun colorant et non filtrés, pour conserver les huiles essentielles… Surnommé le “Classic Laddie”, le Bruichladdich de base est un Islay très singulier car non tourbé ! Malgré sa jeunesse et le fait qu’il titre à 50 %, il s’agit d’un whisky très équilibré, aux belles notes fruitées de pommes et de poire. Comme son nom l’indique, ce “Scottish Barley” est produit avec 100 % d’orge écossais. L’édition spéciale “Islay Barley” va plus loin, distillée uniquement à base de céréales cultivées à Islay, où Bruichladdich travaille avec 13 fermiers. Le millésime 2007 met ainsi en valeur l’orge de la seule Rockside Farm, à quelques kilomètres de la distillerie. Vieilli seulement six ans en fûts de bourbon, il s’agit d’un single malt d’exception, dont l’étonnante salinité en fait un vrai whisky insulaire.

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On l’aura compris, Bruichladdich n’est pas insensible aux modes. Pour les nombreux amateurs de whisky tourbé, a donc été conçu le “Port Charlotte” (53,5 %), inspiré d’un vieux whisky local.

L’étiquette indique “heavily peated” (au même niveau que le Laphroaig et le Lagavulin), il reste pourtant remarquablement balancé, loin de certaines caricatures façon “Monster Peat” ou Ardbeg “Corryvreckan”. Vieilli en fûts de bourbon pour la douceur, ce whisky n’a que 5 ans d’âge mais déjà remarquablement charpenté.

 

Envie d'y goûter?

Prix conseillés : Bruichladdich Scottish Barley 50 €, Bruichladdich Islay Barley : 56,50 €, Port Charlotte Scottish Barley 54 €. The Botanist : 39,95 €. En vente chez les cavistes et, pour certains, chez Delhaize.

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The Botanist: Islay Dry Gin

 

Lancé par Bruichladdich en 2010 pour surfer sur la vogue du gin, The Botanist met lui aussi l’accent sur le terroir d’Islay. La bouteille affiche fièrement “Islay Dry Gin” ainsi que le chiffre “22”. Soit le nombre d’ingrédients intervenant dans la distillation récoltés à la main sur l’île, entre lochs et roches. On y trouve deux menthes autochtones, du thym, un genièvre, diverses fleurs… Si l’on rajoute les 9 aromates de base classiques (les mêmes que le Bombay Sapphire qui a relancé le gin dans les années 90 : genièvre, angélique, réglisse, graines de coriandre, écorce d’orange et de citron, cannelle…), on obtient un total de 31 ingrédients différents.

 

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Seul gin produit à Islay, The Botanist est distillé sur un vieil alambic nommé “Uggly Betty” mis au point dans les années 50 pour le whisky et transformé par Jim McEwan pour la fabrication du gin. Si Bruichladdich ne produit pas lui-même l’alcool de grain de base à 96 %, The Botanist possède un vrai caractère. Soit un gin sec et délicat, aux notes florales et épicées qui font des merveilles dans un cocktail “Aviation” par exemple.

 

Une idée de cocktail: Martini marin

 

Si le single malt écossais ne se prête guère aux cocktails (quoique les whiskies tourbés peuvent apporter une agréable note fumée), le gin est l’un des ingrédients de base de la mixologie. Et il n’y a pas que le gin & tonic dans la vie  ! Voici une recette de “Martini” créée pour mettre en valeur le Botanist, proposé ici avec une touche d’algue fraîche.

 

Ingrédients :

70 ml de The Botanist, 10 ml de vermouth blanc sec, glace, 5 cm d’algue Fucus spiralis fraîchement récoltée (ou algue similaire).

Préparation :

Remplir un shaker de glace et verser le vermouth. Mélanger six fois, puis jeter le vermouth.

Verser le gin sur la glace et mélangez dix-­‐sept fois. Pas davantage (sinon la glace va trop diluer l’alcool) et pas moins (les saveurs doivent fusionner).

Verser à travers le tamis dans un verre à Martini glacé. Décorer avec l’algue. Après environ 5 minutes, celle-ci aura infusé dans le Martini.

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